dimanche , 22 avril 2018

La ville intelligente : pourquoi, pour qui ?

La ville intelligente. Un grand mot a priori, qui parfois peut faire peur. Développée autour d’objets technologiques et numériques dont on ne cerne pas toujours très bien les contours, les outils mis au service de cette forme urbaine font peur. Biensûr, comme dans toute situation, la ville intelligente peut générer des effets pervers. Les médias et séries sont souvent là pour nous le rappeler. Nous avons bien-sûr en tête certaines situations surréalistes de la série Black Mirror en tête, où l’individu en perte d’autonomie, est absorbé par ces réseaux qu’il ne maîtrise plus.

Pourtant, le numérique, mis au service de la ville doit pouvoir nous permettre de mieux vivre ensemble. En effet, il doit être considéré comme une richesse que nous devons nous approprier et préserver. Ces outils s’ils sont mis au service du développement durable de nos territoires sont de réelles plus-values. Plusieurs types de démarches déjà à l’oeuvre nous le prouvent chaque jour. De nombreuses actions vertueuses sont en cours grâce aux outils du numérique.

La ville intelligente est avant tout le reflet d’une ambition partagée qui consiste à produire une ville plus durable, offrant de meilleurs services à ses habitants, avec un maximum d’efficience pour limiter les coûts. Grâce au développement de ces outils, l’habitant devient un citoyen à la fois acteur, aménageur, décideur et bâtisseur de la vie publique et collective.

Comment ? En étant informé. En pouvant partager son avis. En étant écouté par l’ensemble des acteurs. C’est là tout le principe de la CivicTech. Ce sont des plateformes de mise en réseau de l’ensemble des acteurs locaux : citoyens, associations, commerçants et élus. Elles favorisent la discussion et la coopération des citoyens entre eux, des citoyens avec les associations et commerçants, des citoyens avec les élus. En donnant à chaque acteur le même niveau d’information au même moment, cela permet à chacun de prendre part aux débats et renoue le dialogue.

Aujourd’hui, par le développement des applications, chaque citoyen peut signaler au service compétent, la dégradation du mobilier en bas de chez lui ou le manque d’éclairage dans sa rue. Par ces systèmes, chacun peut également proposer à la communauté l’implantation d’une nouvelle poubelle, d’un nouveau passage piéton, etc. La proposition est alors mise en débat. En cas d’accord, des décisions peuvent être prises rapidement. L’intérêt surtout est de pouvoir identifier rapidement des besoins et des attentes collectives dans l’aménagement de l’espace collectif. Aussi, la ville intelligente, c’est le mobilier connecté. Les jardinières connectées, le stationnement à distance… Un ensemble de mesures qui permettent de pallier le manque de ressources humaines dans les services techniques et d’effectuer des économies en optimisant les forces disponibles d’un territoire.

En ce sens, la ville numérique pourrait également être l’opportunité de mieux référencer notre patrimoine. Sur l’ensemble de notre territoire, nous disposons d’un patrimoine d’une richesse exceptionnelle. Pourtant, nous en oublions bien souvent l’origine et l’histoire. De nombreux systèmes connectés existent pour proposer aux badauds une approche historique de la découverte d’un territoire.

Ainsi, en étant utilisées à bon escient, les nouvelles technologies au services de la ville, peuvent permettre à chacun de s’impliquer dans les décisions collectives, de co-produire leur environnement et les services urbains. Or, un aménagement urbain choisi, c’est un aménagement durable car approprié et respecté. L’enjeu aujourd’hui

est de s’appuyer sur ces « intelligences de la ville » pour fabriquer ensemble une « ville intelligente » qui a du sens et dans laquelle les citadins se reconnaissent.

La ville intelligente est une chance pour demain si on le veut. En s’appuyant sur le potentiel du numérique, on peut également adapter la ville aux besoins de chacun. C’est actuellement ce qu’un cabinet de design londonien, Ross Atkin Associates, cherche à réaliser. L’idée est que par le numérique, la ville puisse être rendue accessible à tous. En entrant ses conditions physiques et son itinéraire dans son smartphone le piéton va permettre à l’espace de s’adapter à ses besoins pour le rendre accessible. Vous avez des difficultés à marcher ? Votre smartphone pourra demander un délai supplémentaire au feu vert pour vous permettre de traverser en toute simplicité. Une logique qui pourrait également être appliquée au développement de mobilier adapté aux malvoyants selon ces designers. Une innovation non sans conséquences, quand on sait que 285 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles visuels sévères, dont 39 millions sont aveugles, selon les chiffres de l’OMS. En France, 1 français sur 5 est touché par un handicap. Cela signifie que ces démarches faciliteraient la vie de 12 millions de personnes à l’unique échelle de la France.

En plus de parler de la ville intelligente, la demande collective se situe dans un besoin de ville accueillante, inclusive et durable. Alors pourquoi ne pas mettre les potentiels de l’une au service de l’autre ?

Anaïs LANDRIEU

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