jeudi , 22 février 2018

Qu’est-ce qu’une ville durable ?

La ville durable est un projet politique, un objectif global qui doit guider les politiques d’aménagement et de développement urbains mais aussi l’ensemble des politiques d’une collectivité : éducation, formation, solidarité, emploi,… Certains aspects de la ville durable ne relèvent pas toujours du domaine de la collectivité locale : si celle-ci peut venir en aide à des personnes défavorisées, aider les enfants en difficulté ou encore empêcher l’appropriation de certains biens collectifs par quelques-uns, elle ne peut intervenir que marginalement sur la répartition des revenus ou des richesses. La ville durable dépend en partie des politiques menées au plan national et européen, d’où (entre autres) les questions que l’on se pose aujourd’hui sur la mise en œuvre réelle de la charte de Leipzig .
La ville durable doit s’appuyer sur des grands principes qui sont énoncés depuis plus de vingt ans. Elle doit être solidaire dans l’espace (ne pas reporter sur les autres populations et écosystèmes ses coûts de développement) et dans le temps (ne pas reporter sur les générations futures ses propres coûts de développement). Cette solidarité implique :
– des stratégies d’économie de ressources naturelles (énergie, eau, espace, matériaux) et de gestion de ses flux ;
– des stratégies visant l’équité sociale, lesquelles se traduisent par des actions contre l’exclusion, la pauvreté, le chômage et aussi des actions d’éducation, de formation, etc. ;
– l’application du principe de précaution afin d’éviter les choix irréversibles et les risques locaux ou pour la planète (effet de serre et biodiversité par exemple).

Ainsi par exemple on disait que 80 % de la biodiversité étaient sur 10 % de la planète. On dit aujourd’hui que 80 % de la biodiversité sont sur 80 % de la planète.

Une approche « écosystémique »

La ville durable doit aussi définir des processus de décision et d’apprentissage conduisant à des améliorations continues de la situation, que ce soit à l’échelle locale ou à l’échelle de la planète, et ce, dans les trois champs : économique, social et environnemental. Le développement n’est durable que s’il est accompagné d’un progrès social et d’un progrès environnemental. Les évènements de ces dernières années montrent plutôt un progrès de la prise de conscience environnementale mais aussi un recul en termes de progrès social, notamment en France.
La ville durable vise donc le progrès, ce dernier n’étant pas synonyme de croissance économique. Nous ne partageons pas la vision de ceux qui prônent la décroissance ni même l’économie stationnaire : trop de besoins doivent être encore satisfaits à l’échelle européenne et aussi de la planète . Les villes ont aussi un rôle à jouer dans la solidarité Nord – Sud (ce que certaines villes françaises font très bien à travers les jumelages, les Agenda 21, les échanges professionnels, etc.). Mais le développement doit être économe en ressources, en espace, en énergie, en matériaux, etc. Le recyclage, la gestion en interne des coûts environnementaux doivent devenir la règle, d’où cette nécessaire approche « écosystémique » de la ville.
La ville durable ne se construira pas sans une coopération entre les acteurs, une meilleure concertation entre « les parties prenantes ». Des stratégies coopératives, des synergies doivent être recherchées entre les acteurs publics et privés ; la chaîne des acteurs doit être plus efficace et permettre à ceux-ci de travailler ensemble dans une vision partagée et cohérente de l’avenir du territoire.

Cinq objectifs stratégiques

La ville durable remet certainement en cause les formes de pouvoir qui n’ont de démocratique que le nom.
Enfin, selon nous , la ville durable doit s’appuyer sur cinq objectifs stratégiques qui traduisent un développement urbain durable, lequel ne compromet pas celui des autres populations et des générations futures :
– Préserver et gérer durablement les ressources de la planète (énergie, air, eau, climat, matériaux, biodiversité).
– Améliorer la qualité de l’environnement local (qualité sanitaire, réduction des nuisances et des risques).
– Améliorer l’équité sociale en renforçant l’accessibilité pour tous à l’emploi, aux logements, à l’éducation, à la santé, aux services et équipements collectifs, et en luttant contre les inégalités sociales et écologiques
– Améliorer l’équité et la cohésion entre les territoires (à l’échelle infracommunale, celle des quartiers, mais aussi à l’échelle intercommunale et dans le cadre de la coopération décentralisée).
– Améliorer l’efficacité et l’attractivité du tissu économique.

Nous sommes donc loin de la simple prise en compte de l’environnement ou de la limitation des impacts sur l’environnement.

 

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