jeudi , 21 juin 2018

Mme Darya Mazdaoui, une militante associative engagée pour la défense de moult causes

-Fouad BENJLIKA-

Marrakech – Réputée par sa rigueur et sa persévérance, Mme Darya Mazdaoui est le modèle, par excellence, d’une militante associative engagée et vouée à la défense de plusieurs causes justes, en premier lieu celle de la gent féminine.

Cette pharmacienne de 50 ans a eu une prise de conscience précoce de l’engagement associatif et s’est intéressée depuis le début à l’action associative et à la promotion de la cause féminine dans la ville de Marrakech.

Pour cette fervente défenseure des principes d’égalité et d’humanité, “on n’est pas entier faute d’apporter aide et assistance aux plus exclus, aux plus faibles et plus démunis de la communauté”.

Un combat qu’elle mène de façon quotidienne en sa qualité de membre actif au sein de moult associations, dont une structure du nom de “Soroptimist”, œuvrant pour la promotion de la scolarisation de la fille rurale.

Dans son décryptage de la situation dans les zones reculées, Mme Mazdaoui n’hésite point à pointer du doigt le fait que la scolarisation de la fille rurale s’arrête souvent au niveau de l’enseignement primaire.

C’est pour cela que qu’elle a décidé, en compagnie de plusieurs acteurs associatifs, de créer un internat pour la scolarisation de la fille rurale, qui bénéficie aujourd’hui à 200 petites filles de toute la région.

Pour élire domicile dans cet Internat, ces filles sont sélectionnées sur la base de leur origine rurale, mais aussi en tenant compte de l’excellence de leurs résultats scolaires. Les pensionnaires, une fois retenues, bénéficient d’une prise en charge entière et intégrale par l’association.

Pour elle, cette structure associative veut donner la chance aux petites filles brillantes. L’association est fière d’avoir obtenu avec elles des résultats extraordinaires, en ce sens que “nous avons même une jeune fille qui poursuit actuellement ses études en 3è année à la faculté de Médecine, alors que de nombreuses autres jeunes filles sont en train de préparer des masters”, se réjouit cette militante associative.

Pour Mme Darya Mazdaoui, “c’est un bonheur et une fierté de voir des filles qui étaient destinées à exercer le métier de domestiques au foyer, ou de s’engouffrer dans un mariage précoce, devenues aujourd’hui épanouies, pleines de vie et porteuses de cet esprit que l’association a voulu instaurer au sein de ce foyer, celui de faire de ces filles des femmes, qui font la fierté de leur pays et de leurs petits douars”.

Son amour pour l’action associative l’a poussée à intégrer l’association “Malaika” (anges) qui prend en charge des petits souffrant de trisomie 21.

“Depuis 2011, nous avons créé le centre Malaika grâce à Lions Club Marrakech Atlas, en partenariat avec l’Académie régionale d’éducation et de formation et la Délégation du ministère de l’éducation et de la formation professionnelle, qui ont mis à notre disposition des salles de classe dans une école à Marrakech”, a-t-elle rappelé.

Ce centre bénéficie actuellement à quelque 100 enfants atteint de trisomie 21 et issus de milieux défavorisés, leur permettant, dans un cadre approprié, d’y suivre leur enseignement ainsi que leurs séances d’orthophonie, de stimulation et de psychomotricité.

Les éducateurs opérant au sein de ce Centre ont reçu une formation par une association française, à même de leur permettre de faire montre de cette spécificité, celle d’utiliser l’art comme “mode thérapeutique” pour soigner ces enfants.

En d’autres termes, le Centre “Malaika” est aujourd’hui une structure qui offre une prise en charge spécifique, spécialisée et individualisée. Il travaille aussi sur la guidance parentale avec les familles de ces enfants à besoin spécifique, en vue de “réconcilier ces familles avec leur enfant”.

Pour cette militante associative, le handicap n’est pas un choix et les familles doivent aimer leur enfant dans sa différence, lui donner le droit à l’éducation, à la vie, au jeu. C’est cette perception des choses que l’association et le centre défendent.

Cette structure a permis de “libérer des mères” qui peuvent, désormais, vaquer à leurs préoccupations quotidiennes et mener ainsi une vie normale.

En définitif, le centre apporte une aide aux enfants et à leurs familles en permettant à ces dernières de se reconstruire autour d’un petit enfant que cette structure associative a valorisé et devient perçu dans sa famille comme un “petit joyau”.

Pour Mme Mazdaoui, “la femme est un pilier de la vie associative” car, de par sa nature, la femme a beaucoup de patience, de volonté, et de courage pour changer le monde vers le meilleur et y apporter sa contribution, en toute modestie et sans attendre de contrepartie.

Selon elle, la femme dispose aussi de ce côté maternel et sensible qui lui permet de ne pas rester indifférente face aux malheurs des autres.

Sur la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année, elle estime que ce rendez-vous sert d’opportunité pour rappeler que de nombreuses femmes se sont longuement battues pour des droits qui apparaissent aujourd’hui comme des acquis.

Pour cette porte étendard de la cause féminine, cette journée constitue aussi une occasion pour rendre hommage aux femmes pionnières qui ont milité pour des droits élémentaires, pour se pencher sur la condition de la femme à travers le monde et donc, essayer de sensibiliser les politiques pour qu’on ne parle plus de disparités et d’inégalité des genres.

Concernant la condition de la femme marocaine, Mme Mazdaoui a constaté, avec satisfaction, qu’un “travail extraordinaire a été fait”. La femme marocaine est parvenue à des postes de décision. Malgré ces pas franchis, un grand travail reste à faire notamment en milieu rural, tempère-t-elle.

“Un grand chantier est ouvert dans notre pays et les femmes et les hommes travaillent main dans la main pour aller de l’avant”, s’est-elle félicitée, estimant qu’aujourd’hui, “la femme marocaine ne peut qu’être fière de sa situation car, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a donné une place prépondérante à la femme au sein de la société”.

Pour elle, pour que la condition de la femme change, “on doit commencer par l’éducation”.

Selon cette militante associative, aujourd’hui, il faut donner la chance à toutes les petites filles d’aller à l’école. Une petite fille qu’on va sortir de l’analphabétisme et de l’obscurantisme est une future maman qui transmettra des valeurs et une éducation à ses enfants, estime-t-elle.

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