dimanche , 22 avril 2018

Au Maroc, le manque de réserves hydriques déclencherait la prochaine crise de l’eau

A l’image de la crise sans précédent d’eau que traverse l’Afrique du Sud, de nombreux pays du continent seront prochainement touchés. Le Maroc, qui présente un stress hydrique des plus élevés de la planète, devrait l’être tout autant.

«La prochaine crise de l’eau pourrait être déclenchée par les réservoirs en baisse au Maroc, en Inde, en Irak et en Espagne». C’est du moins ce qu’affirme le World Resources Institute (WRI). En effet, le think tank spécialisé dans les questions environnementales prédit un «jour zéro» dans le futur proche, et il concerne ces quatre pays.

Le «jour zéro» fait allusion au jour où plus aucune goutte d’eau ne sortira des robinets au Cap, en Afrique du Sud, premier pays touché par ce phénomène. Ce jour est prédit par les experts pour le 15 juillet de cette année.

L’organisation environnementale a étudié l’évolution de plus de 500 000 barrages dans le monde. Ce mercredi, elle a listé les quatre barrages les plus touchés par cette pénurie et qui présentent des risques potentiels.

Cette crise touchera de nombreux pays, y compris le Maroc qui présente une notation de 4.2 au niveau du stress hydrique, le niveau maximum étant de 5. Selon le World Resources Institute (WRI), ce phénomène est lié à l’augmentation de la demande, à la mauvaise gestion des ressources et au changement climatique.

Le déclin le plus frappant enregistré par WRI est celui du barrage Al Massira, dans la province de Settat. Ce dernier est le deuxième plus grand réservoir au Maroc. En trois ans, sa teneur a diminué de plus de 60%. Parmi les causes de cette situation, outre la sécheresse de ces dernières années, les problèmes d’irrigation et la soif croissante des villes voisines, en particulier Casablanca.

En 2016, la pire sécheresse vécue par le pays ces dernières années a quasiment vidé le barrage, affectant directement l’économie du pays ainsi que sa population. La production de céréales a diminué de la moitié et plus de 700 000 personnes ont été touchées, précise WRI.

Aussi le barrage fournit l’eau à l’une des région les plus dépendantes de l’agriculture, à savoir Doukkala. Le secteur emploie environ 33% de la force de travail du Maroc, selon la Banque mondiale.

Par ailleurs cette crise devrait s’accentuer durant les prochaines années. La pression hydrique ne devrait pas diminuer, alerte WRI :

«La demande d’eau dans les régions urbaines devrait augmenter, passant de 60 à 100% dans la plupart des grandes villes d’ici 2050.»

De plus, un important projet devrait être opérationnel dès cette année. Il prévoit un transfert d’eau du barrage jusqu’à la ville de Marrakech.

L’agriculture sera la première victime

Le rapport de WRI évoque également la loi marocaine sur l’eau (36-15)  qui «donne la priorité absolue aux utilisateurs d’eau domestique et industrielle, ce qui, dans une période crise hydrique, pourrait gravement menacer l’accès du secteur agricole à cette richesse naturelle».

Les effets de cette crise sont difficiles à prédire, mais une chose est sûre : elle déstabilisera le pays, conclu le rapport affimirmant que «le Maroc aura besoin d’institutions solides de gestion de l’eau et de filets de sécurité sociale adéquats pour aider les agriculteurs à traverser les périodes de sécheresse intense et prolongée».

FAIZA RHOUL 

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