samedi , 18 août 2018

les «smart city» fonctionneront (presque) comme un organisme humain

LE CERCLE/ECLAIRAGE – Grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, les villes de demain adopteront un mode de fonctionnement proche de celui d’un organisme humain.

Cela fait des milliers d’années que l’humain vit dans des villes. Pourtant, si les enceintes de nos cités médiévales sont bien souvent tombées pour céder place aux routes et ponts qui relient les métropoles d’aujourd’hui, l’essence même du milieu urbain est demeurée inchangée. Grâce aux progrès de la technologie, nous avons quelque peu amélioré et consolidé ces villes, mais faut-il s’en tenir là ?

Par les fonctions qu’elle est chargée d’assurer et les défis qui s’imposent à elle, la ville présente de grandes similitudes avec l’organisme humain. Hélas, elle est à mille lieues d’en partager le degré de sophistication. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer le mode d’acheminement des marchandises d’un quartier à l’autre et d’enlèvement des détritus à l’intelligence du système sanguin, qui est capable de nous alimenter en nutriments tout en éliminant les toxines là où cela s’avère nécessaire.

La perfection de la nature se retrouve également dans le fonctionnement du système nerveux, qui nous informe en temps réel de l’état des différents organes de notre corps. Là encore, rien à voir avec le travail fastidieux qui consiste à patrouiller et inspecter les rues en quête de signes de dégâts à signaler.

Vers de profonds changements

Tout cela est destiné à changer. La ville intelligente (ou «smart city», en anglais) est vouée à réinventer totalement la façon même dont l’homme évolue et interagit. Il faut dire que le monde numérique n’est pas soumis aux contraintes qui s’imposent à l’univers physique.

Les objets virtuels peuvent être créés et détruits en l’espace d’un instant, déplacés d’un point A à un point B à notre guise. La «smart city» est une créature hybride qui réunit le meilleur des deux mondes. Elle intègre dans son tissu ses réverbères, ses poubelles ses trottoirs et un ensemble de capteurs qui sont connectés à internet et donc capables d’échanger des données.

Imaginez la couverture numérique d’une ville intelligente où tout est connecté, des voitures aux immeubles en passant par les personnes, les lampadaires ou encore les routes. Cette connectivité va permettre à nos villes intelligentes d’adopter un mode de fonctionnement bien plus proche de celui d’un organisme humain.

Prévenir les risques

Prenons l’exemple de la sécurité. C’est un fait, les infrastructures critiques sont sujettes aux dégâts et aux dysfonctionnements. Les centrales électriques peuvent connaître des surchauffes. Les ponts sont, quant à eux, susceptibles de s’effondrer. Comment détecter les signes avant-coureurs d’une menace et éliminer celle-ci avant qu’elle ne cause des dégâts ? La tâche est ardue, a fortiori pour celles qui sont imprévisibles. Grâce aux avancées majeures des technologies d’intelligence artificielle, la «smart city» pourra désormais avoir son propre système immunitaire numérique pour se défendre des menaces.

Imaginez qu’un poids lourd ait un accident du fait de travaux de voirie et d’un embouteillage et qu’il termine sa course en percutant les arches d’un pont. Sous la violence de l’impact, une canalisation d’égout situé en dessous de la route se fissure. Celle-ci commence alors à fuir, ce qui contamine le système d’approvisionnement en eau de la ville. L’eau du robinet se charge de toxines, ce qui cause une épidémie… Voilà typiquement le genre de scénarios auquel il est quasiment impossible de se préparer.

Une «smart city» peut enregistrer chacun de ces changements par le biais de ses capteurs, et s’appuyer sur le «machine learning» pour modéliser la normalité et identifier automatiquement toute variation notable. Plus besoin de prédire les événements ou d’échafauder tous types de scénarios : dès lors qu’il a accès aux données, le système immunitaire numérique peut faire le lien entre les valeurs excessivement basses ou élevées pour détecter une menace dès son apparition et ainsi permettre à l’homme de remédier au problème avant qu’il ne cause le moindre dégât.

Dès que nous commencerons à connecter nos villes au web, nos vies connaîtront des changements qui auraient été rigoureusement impossibles quand nous ne disposions que de ciment et de mortier. Certes, cette nouvelle ère comporte des dangers que l’on ne peut se permettre de négliger, mais ceux-ci pèsent bien peu comparés aux avantages que nous pourrons en retirer.

Les Echos

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