mercredi , 12 décembre 2018

Nos déchets doivent devenir des ressources

La « smart city » est souvent appréhendée sous l’angle de la mobilité, de l’énergie ou du logement. Mais la ville intelligente de demain sera aussi celle qui gère mieux ses déchets.

La quantité d’ordures générée par les citadins augmente de façon continue. Selon la Banque mondiale, elle atteindra 2,2 milliards de tonnes à horizon 2025. Aujourd’hui, un vaste mouvement en faveur d’une économie circulaire se développe à l’échelle mondiale. Dans ce modèle, nos déchets doivent devenir des ressources. Cela suppose de mieux concevoir les produits, de mieux les trier, de mieux les collecter, et de mieux les recycler. Face à ce défi, les villes doivent se réinventer, en associant tous les acteurs de la chaîne : producteurs, distributeurs, opérateurs et, bien sûr, consommateurs.

A Rotterdam, la ville préempte les locaux commerciaux vacants pour y installer des centres de tri de proximité. Une ancienne laverie automatique est ainsi transformée pour accueillir un point de récupération de proximité, où les riverains rapportent plastiques variés, mais aussi piles, petit électroménager ou outils usagés. Barcelone offre, elle, une impressionnante densité de modules de tri sur l’espace public sans que cela altère les belles perspectives de ses avenues. Le niveau de déchets collectés y est parmi les meilleurs.

Paris s’est aussi engagée sur cette voie, en installant plus de mille stations Trilib’ avec le soutien de Citeo pour multiplier les solutions de tri sur la voie publique. En parallèle, la ville équipe l’intégralité des bacs collectés devant chaque immeuble de puces électroniques pour optimiser les tournées des différents véhicules de collecte.

Misant également sur des technologies innovantes, Cannes s’est équipée de corbeilles de rue connectées, munies d’un compresseur pour recueillir plus de bouteilles plastique. Elles sont alimentées par de l’énergie solaire.

Des villes ont su aussi donner un nouvel élan à la mobilisation citoyenne, à l’instar de Besançon, où les habitants possèdent une carte pour ouvrir leur container à ordures, une partie de leur facture étant calculée sur le nombre d’ouvertures. Ou encore de Séoul, Berlin, ou San Francisco, qui ont développé une tarification « payez pour ce que vous jetez ». Dans toutes ces villes, les déchets triés ont en moyenne augmenté de 25 % à 30 %.

Partout dans le monde, les villes s’adaptent aussi à l’évolution des modes de consommation marqués par une explosion du e-commerce et du nomadisme. La multiplication des vecteurs de livraison sur le dernier kilomètre offre de nombreuses opportunités pour la logistique retour, notamment des déchets.

Une révolution est en cours. Elle suppose une modernisation de l’infrastructure de tri, pour mieux capter et mieux séparer les matériaux. Elle suppose également un développement des débouchés pour les matières premières recyclées. Elle implique aussi un engagement sans faille des entreprises – nombre d’entre elles sont réunies au sein de Citeo -, à toujours progresser dans l’écoconception de leurs produits.

Mais la ville ne deviendra vraiment intelligente que lorsqu’elle se nourrira des comportements plus intelligents de ses habitants. Le tri doit devenir leur réflexe quotidien, intimement lié au mode de vie urbain.

Jean Hornain, directeur général de Citeo, société créée par des entreprises pour réduire l’impact environnemental des emballages et des papiers.

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