jeudi , 18 juillet 2019

Mobilité écologique : Les ambitions mondiales de Marrakech

La cité ocre, la ville touristique au rayonnement international, est indissociable des motos qui resteront le mode de transport le plus « populaire » notamment auprès des couches sociales moyenne et pauvre.

Force est de constater que ce mode de transport constitue une part assez importante du trafic routier à Marrakech.

Les statistiques parlent de près de 240.000 motos qui circulent dans les artères de la cité ocre.

Cette tendance à utiliser ce véhicule motorisé chez lez Marrakchis s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord cette ville est une surface unie marquée par l’absence de reliefs saillants qui peuvent se dresser comme obstacles devant la circulation des motos.

En plus de cela, la moto s’avère un mode de transport très efficace pour circuler dans des ruelles étroites comme celles de l’ancienne médina de Marrakech et pour faire face aux problèmes engendrés par l’embouteillage, dont commence à souffrir la cité ocre ces dernières années (possibilité de se faufiler plus rapidement dans la circulation).

En lançant récemment un projet pilote baptisé « EMOB », visant la promotion des motos électriques au niveau de cette ville, la cité ocre ambitionne devenir un modèle international pour « la mobilité écologique ».

La Cité ocre s’est déjà inscrite dans ce concept avec notamment la prise de plusieurs actions : mise en circulation des bus électriques alimentés par l’énergie verte produite par la station solaire, les vélos libre-service et la promotion des voitures électriques entre autres.

Toutes ces mesures visent en premier lieu à faire de Marrakech un modèle de ville durable.

La transition vers ce concept de « mobilité durable et écologique » offre de grandes perspectives économiques, dont le renforcement de l’attractivité d’investisseurs et d’industriels spécialisés en construction auto-motos et la création d’emploi.

La mobilité à bas carbone ou à faible taux d’émissions de gaz à effet de serre est un élément déterminant pour permettre à la ville de Marrakech de transiter vers une économie verte tout en étant en mesure de satisfaire les besoins de mobilité des personnes et des biens, et ce dans le cadre d’une ville durable et compétitive.

Fruit d’un partenariat entre la commune urbaine de Marrakech, le Conseil régional de Marrakech-Safi et la société de transport durable (EMOB), le projet « EMOB » vise à promouvoir une mobilité durable sobre en carbone au niveau de la Région afin de répondre aux engagements du Maroc dans le cadre de sa contribution nationale déterminée qui vise à réduire la quantité des gaz à effet serre dans le secteur du transport, tout en offrant un bon service aux utilisateurs.

L’objectif du projet « EMOB » consiste aussi à faire de Marrakech la plus importante plateforme Africaine dédiée à l’industrie de la mobilité durable et d’installer au sein de la région Marrakech-Safi un écosystème industriel dédié à la construction et à la commercialisation des véhicules durables.

En vertu de ce projet, la Région Marrakech-Safi souhaite passer à un parc de deux roues 100 % durable à l’horizon 2040.

Le projet, qui intervient suite à une étude de faisabilité réalisée dans le cadre du programme de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, vise à atteindre un objectif de 20.000 motos électriques en circulation à l’horizon 2021 avec la réalisation d’une unité de production locale.

Dans une déclaration à la MAP, le vice-président de la commune de Marrakech, chargé des services généraux, Ahmed El Motassadeq, a souligné que ce projet intervient dans un contexte marqué par le coup d’envoi de la stratégie nationale de développement durable, indiquant que la mise sur le marché de ces motos électriques est prévue d’ici un mois.

« EMOB » prévoit de lancer des offres dédiées aux particuliers et aux administrations publiques.

EMOB a noué un partenariat avec Medina Bike, le premier système de partage de vélos officiel au Maroc, pour introduire les motos dans le paysage urbain de Marrakech et les rendre plus accessibles à la population locale.

M. Moutassadeq a relevé que ce partenariat prévoit la mise en place d’un réseau exclusif de location en libre-service de motos, entièrement écologique.

Approchés par la MAP, certains motocyclistes n’ont pas hésité à exprimer leur intention d’opter pour les motos électriques, qui sont éco-friendly et aussi performants que les motos à combustion, à condition d’être mises en vente à des prix abordables et compétitifs, appelant à appuyer cette initiative par des subventions à l’instar de celle octroyées pour le renouvellement du parc des grands taxis, et à la réduction des tarifs des assurances au profit de ces motos nouvelle génération afin d’encourager l’adoption de ce nouveau mode de transport propre.

Ils ont aussi appelé à mener des campagnes de sensibilisation pour expliquer aux gens les avantages environnementaux, la rentabilité et les spécificités de ces motos électriques.

Ces motocyclistes ont soulevé beaucoup de questions en rapport avec l’adoption de ce nouveau mode de transport : leur autonomie est-elle équivalente aux motos à combustion ?, ainsi que des questions se rapportant à la durée de vie des batteries, le temps qu’il faut pour recharger ces véhicules motorisés, la disponibilité des appareils de recharge dans les stations d’essence et l’entretien de ces motos.

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